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« Des Assises Nationales s’imposent aujourd’hui dans notre pays », Abdoul Wahab Ahmed | ASSISES NATIONALES DES COMORES











« Des Assises Nationales s’imposent aujourd’hui dans notre pays », Abdoul Wahab Ahmed


Abdoul Wahab Ahmed, Président de l’Alliance pour le Renouveau Démocratique des Comores (ARDC), Ancien député- Vice-président de l’Assemblée Fédérale des Comores

L’objet de la présente réflexion est donc d’apporter notre modeste contribution quand à la manière dont nous aimerions que les assises nationales se déroulent. Elle reprend plusieurs questions auxquelles, sans doute, on n’y a déjà réfléchi (…). Ces questions sont les suivantes : De quoi devra-ton discuter ? A quels résultats devra-t-on y parvenir ? Qui doit y participer et qui devra financer ? Et quelle doit être la place de la diaspora ?

De quoi devra-t-on parler ?

La logique voudrait que la tenue d’un tel forum soit l’occasion d’un grand déballage. Mais, pour que les assises nationales ne se transforment pas, justement, en un lieu de défouloir (…) ou pour qu’elles ne se muent pas en conférence nationale bis, il convient d’en définir le cadre.

– En premier lieu : Les assises nationales doivent donner, certes, l’occasion à tous les Comoriens de s’exprimer sur le bilan des 42 ans d’indépendance écoulés, mais pas seulement. Elles doivent aussi et surtout donner à réfléchir sur l’avenir et en jeter les bases.

– En second lieu: Les assises nationales ne doivent pas être une tribune uniquement réservée à “l’establishment politique” (…). Elles doivent plutôt être l’aboutissement de tout un processus de consultation de tous les citoyens qui serait alors organisée en amont afin de recueillir leurs avis (…).
Pendant la phase préparatoire, nous proposons qu’il soit procédé, à la tenue dans chaque localité du pays, de réunions-débats avec les citoyens (…).
Enfin, nous préconisons également que pendant cette phase préparatoire, il soit mis en place des commissions thématiques, regroupant uniquement des experts, dans le but de travailler les sujets qui requièrent des compétences complexes et exigeantes (…).

En conséquence de ceci, nous suggérons que les assises, au niveau national, soient consacrées uniquement à l’examen des rapports issus des consultations populaires et des commissions thématiques et aboutissent à la formulation de recommandations pour les responsables politiques actuels et futurs de notre pays.

A quels résultats devra-ton parvenir ?

On se souvient que la Conférence nationale, qui a lieu en 1992, avait déjà débattu de tout (…). Rien n’avait été mis de côté. Des recommandations ont été formulées au gouvernement du président Said Mohamed Djohar (…). Et pourtant, tout cela n’a servi à rien (…). Si aujourd’hui, une fois encore, nous recourrons à des assises pour remédier aux difficultés de notre pays, il faut que celles-ci aboutissent à des résultats tangibles et décisifs, à savoir : Eveiller les consciences – Emmener les Comoriens à prendre en mains leur destinée (…) ; Se doter d’un code de conduite quant à la gouvernance du pays ; Préconiser des orientations générales sur les grands sujets nationaux pour au moins les 20 ans à venir.

Par ailleurs, nous savons tous que le monde est actuellement en pleine mutation à la recherche d’un second souffle. Les deux à trois décennies à venir seront, par exemple, marquées par l’apparition au premier plan de la Chine, l’Inde et l’Afrique tant pour leurs richesses naturelles encore inexploitées que pour leurs poids démographiques. Elles seront marquées également par les nouvelles tendances dans le domaine des sciences et de la technologie (…). Quelles orientations, devra prendre notre pays pour espérer tirer son épingle du jeu, d’ici les 20 prochaines années ?

De la proposition d’orientations générales pour les 20 ans à venir

En effet, beaucoup de récentes études laissent penser qu’en 2030, l’Afrique sera la région du monde la plus peuplée. Elle sera l’une des plus nanties en ressources naturelles ; Et elle sera économiquement la plus active (…). Dans cette perspective, tout laisse croire que l’Afrique de l’Est, région à laquelle appartient notre pays, sera celle qui connaîtra la dynamique la plus intense : le peuplement le plus important  (46 millions sur un total de 1,5 milliards), la tranche de la population active la plus nombreuse (33% des 15-64 ans), le taux de croissance réelle du PIB le plus élevé (10 % sur une moyenne générale de 7 %).

Quelles orientations politiques, économiques, sociales et culturelles notre pays devra-t-il mettre en œuvre pour profiter de l’émergence économique de ses voisins immédiats que sont notamment la Tanzanie, le Mozambique et Madagascar ? Et surtout comment user de son multiculturalisme pour jouer le rôle de pont reliant le monde arabe à l’Afrique ? Par ailleurs, cette région du monde est considérée comme un espace instable, exposé à divers menaces transnationales parmi lesquelles celles qui sont liées à l’environnement (réchauffement climatique, pollution marine, cyclones), à la diminution des ressources marines (pêche illégale), à l’expansion de la piraterie maritime et à l’immigration clandestine : Quelle politique devra-t-il mettre en œuvre pour se protéger ? Plus concrètement encore: les assises nationales devraient surtout s’interroger sur le devenir du Comorien, dans les 20 ans à venir : sa vie en société, sa sécurité, ses conditions d’existences, l’éducation de ses enfants, sa responsabilité vis-à-vis des générations futures, etc.

Du modèle de société que nous voulons construire

Ce thème peut paraître surprenant tant ce choix est évident et qu’il a été déjà fait depuis longtemps : une société démocratique et profondément islamique. Mais, notre société est-elle réellement démocratique et suffisamment respectueuses des valeurs islamiques ? Et quelles sont donc ces valeurs fondatrices ?

La première est la justice car elle est le gage de la paix sociale et de la stabilité politique (…). La seconde valeur fondamentale est celle de la liberté et du respect des droits humains, parce que sans liberté, sans respect de l’être humain, il ne peut y avoir d’épanouissement des individus (…). La troisième est le progrès car le premier des droits humains est celui de satisfaire les besoins essentiels de survie et de dignité de la population (…).

La quatrième est la solidarité parce que la cohésion sociale se bâtit, de toute façon, sur la solidarité (…). Enfin, il y a la valeur travail (…). Et s’agissant des principes démocratiques – Que dire de la manière dont les élections se passent dans notre pays ! (…).


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